Ferran Torres règle ses comptes avec les dirigeants de Valence

Ferran Torres règle ses comptes avec les dirigeants de Valence

Nouvelle recrue de Manchester City, Ferran Torres s'est confié longuement au quotidien Marca. L'occasion pour le milieu offensif espagnol de 20 ans d'expliquer les raisons de son départ et régler ses comptes avec les dirigeants de Valence, une partie de la presse et son ancien coéquipier Dani Parejo.

Formé au Valence CF, Ferran Torres s'en est allé hier, à un an de la fin de son contrat. Traître pour les uns, symbole d'un club qui ne tourne pas rond pour les autres, le prometteur milieu offensif espagnol a tenu à s'exprimer dans les colonnes de Marca pour répondre à ses détracteurs et ceux qui l'accusent de ne pas avoir été clean avec son club formateur. Nous vous avons traduit quelques passages intéressants de son interview ci-dessous. Bonne lecture.

Marca : Maintenant que vous êtes officiellement un nouveau joueur de Manchester City, comment vous sentez-vous ?

Ferran Torres : "D'un côté, très content et impatient, même si je suis à la fois très triste car je quitte le club de mon coeur. C'est l'équipe qui m'a tout donné et m'a formé depuis mes sept ans... mais où j'ai aussi passé des moments difficiles et frustrants qui m'ont poussé à prendre la décision de partir. Mais j'aimerais souligner, pour que ce soit très clair, que je suis très reconnaissant envers le Valence CF et que je le soutiendrai où que je sois. Le problème, c'est qu'il y a des personnes au sein du club et quelques journalistes déterminés à me critiquer et à salir mon image. Je refuse de partir en mauvais termes de Valence car je suis valencianista.

Vous êtes-vous senti persécuté ?

Quand le club a pris la décision de me promouvoir en équipe première, sans que je n'ai rien forcé, j'ai commencé à recevoir des pressions et des critiques pour que je refuse cette proposition. Et pas seulement moi. On a aussi voulu faire du mal et discréditer mes agents et ma famille. Même si, par chance, ce n'était que quelques médias. Les mêmes qui aujourd'hui font campagne contre moi, disaient à l'époque qu'on se trompait et que nous allions échouer. Quand on a 17 ans, cela fait très mal. En disant ça, je dois aussi reconnaître que beaucoup d'autres médias et journalistes m'ont toujours traité avec respect et affection. Alors même qu'il y a encore des employés du club qui travaillent pour salir mon image.

On vous sent affecté. Vous pensez qu'un jour vous pourrez revenir à Valence ?

J'en suis sûr. Je refuse de penser le contraire, même s'il y a des gens déterminés à ce que ça se finisse mal. Mais beaucoup de ces personnes ne seront plus au club dans quelques années, et d'ici là j'espère avoir démontré que je mérite de revenir.

Qu'avez-vous à dire aux supporters ?

Je dois les remercier pour tout. J'ai toujours senti leur soutien, qui a été très important pour moi. Je sens qu'avec mon départ, j'en ai offensé certains, ce n'était pas mon intention, car en tant que Valencian et valencianista, c'est la dernière chose que je veux, mais tout ce qu'il s'est passé m'a obligé à prendre un chemin différent de celui dont j'avais rêvé.

Quand avez-vous pris la décision de partir ?

J'ai commencé à y penser l'été dernier, quand je suis revenu super motivé après avoir gagné l'Euro U19 et que le club m'a dit personnellement, ainsi qu'à mon agent, qu'il ne comptait pas sur moi. Ils m'ont dit littéralement que j'étais la cinquième option au poste d'ailier, qu'il y allait en plus avoir des recrues dans ce secteur de jeu et que d'autres coéquipiers qui évoluent à d'autres postes allaient passer devant moi. Ça a été un gros coup dur pour moi, même si le plus dur, ça a été quand le club m'a ensuite mis sur le marché. Valence m'a proposé à toutes les équipes d'Espagne et 12 clubs de Liga nous ont appelés, dont Levante, ainsi qu'une équipe de deuxième division. Quand le club m'a mis sur le marché, c'est là que j'ai commencé à penser m'en aller.

Quelle histoire...

Comme je l'ai dit, ceci m'a ouvert les yeux. Il y a eu d'autres moments très compliqués, comme l'interruption liée au Covid. J'ai été contrôlé positif et j'ai eu très peur de tout ce que je voyais et entendais et en même temps je recevais ces campagnes et critiques du club via différents médias... Là ça a été définitif.

Avez-vous senti qu'il était possible de prolonger à un moment donné ?

Oui, bien sûr. Quand César (nommé directeur du football en janvier dernier, ndlr) est arrivé au club, il y a eu beaucoup de réunions. A ce moment-là, on savait déjà les conditions que nous offrait le marché, car comme je l'ai dit avant, j'ai été mis sur le marché depuis l'été d'avant, et mon agent a dit littéralement à César : "Nous avons fait notre travail, maintenant c'est à vous de racheter Ferran, car c'est vous qui l'avez mis sur le marché". Pour me racheter, comme l'a dit mon agent, nous avons demandé que le club accepte au moins deux des trois conditions que nous avions posées. Aucune n'a été acceptée.

Quelles étaient ces trois conditions ?

L'une concernait Peter Lim (le propriétaire de Valence, ndlr). On voulait qu'il s'implique personnellement pour me prouver que j'étais important pour le club. L'autre condition, c'était d'être capitaine, car j'avais vu que d'autres clubs avaient fait ça avec leurs jeunes de la maison, comme Oyarzabal ou Fernando Torres, pour les retenir. Et la troisième condition, c'était d'être dans les joueurs les mieux payés de l'effectif. On exigeait deux conditions sur trois. Aucune n'a été acceptée.

Comment a réagi César ?

Sa réaction a été de dire que tout ça était irréalisable. Et juste après il a fait deux choses : il s'est servi de plusieurs médias pour dévoiler des échanges qu'il avait eus avec mon agent, et il m'a fait une seule offre, que mon agent a reçue le 24 février 2020 par mail. C'était une offre qui ne comprenait aucune de nos conditions et à laquelle nous avions déjà répondu. En retour, on a reçu une espèce de pression... pour dire les choses de manière aimable.

Vous estimez donc que vous avez mis du votre pour prolonger ?

Totalement. Je voulais rester et j'ai proposé au club les conditions pour le faire. Et deux des trois conditions, comme je l'ai expliqué, n'étaient pas économiques. Concernant la condition économique, elle n'était pas en plus au-dessus des moyens du club. Je savais que Valence ne pouvait pas me payer autant que les grands clubs européens, mais je me sentais capable d'être le leader de ce projet et je voulais être traité comme tel, que le club fasse un effort pour me retenir. Ils n'ont tout simplement pas voulu, c'est tout. 

Il y a des rumeurs au sujet de votre relation avec Parejo. C'est vrai que vous ne vous entendez pas bien ?

Je dois dire qu'après trois années en équipe première, tout ça m'a rendu plus fort mentalement et plus mature. Mais à 17 ans, ce n'était pas forcément le cas. Parejo est un grand joueur, mais personnellement je n'ai jamais eu de relation avec lui. Quand je suis monté en équipe première, à 17 ans, il a mis plusieurs semaines avant de me lâcher un simple bonjour. Je considère qu'il n'a pas été un bon capitaine avec moi. Le pire s'est produit quand Marcelino est parti. Avec Kang-In, on a été désigné comme les coupables dans le vestiaire, et on ne nous a plus parlé durant plusieurs semaines."