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Euro 2020 : le bilan des Bleus par Elton Mokolo

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Publié le par Elton Mokolo Icon Sport

Battue sans gloire lors de la séance de tirs aux buts par la Suisse, l’Equipe de France quitte prématurément l'Euro en étant loin d'y avoir laissé un souvenir impérissable. L'heure est au bilan.

Alors que la caravane Euro fait relâche avant d’emprunter de nouveau les routes européennes pour les quarts de finale qui débutent vendredi, celle de la France est déjà de retour sur ses terres depuis mardi. Un arrêt, lui définitif, après avoir vu les Bleus se faire sortir lundi soir aux tirs aux buts par la Suisse à la surprise générale. Une élimination rapide qui ponctue un tournoi raté pour les Bleus.

De Munich à Bucarest en passant par Budapest, ils n’ont jamais affiché sur la durée cette supériorité qui les avait amenés au titre mondial trois ans plus tôt en Russie. Plus fragile, moins inspirée collectivement, la France quitte sans gloire cet Euro avec une sensation de vide : Il faut remonter à 2010 pour ne pas voir les Bleus invités dans le top 8 d’un tournoi international. L’occasion de faire un bilan sur un Euro à oublier avec ce qu’il a manqué pour poursuivre le rêve d’un doublé CdM-Euro.

Des cadres peu influents

C’est l’un des points noirs de cet Euro en même temps que c’était une réelle inquiétude avant la compétition. Le comportement des cadres à l’occasion du tournoi continental. Et pour le coup, ces derniers ont connu des fortunes diverses. Si Paul Pogba s’en tire de manière honorable et peut se vanter du titre de « meilleur Bleu » malgré lui aussi un match poussif contre la Hongrie, on ne peut pas en dire autant pour les autres leaders à des degrés différents. N’Golo Kanté n’a pas eu le même rayonnement en EDF que lors de sa fin de saison majuscule à Chelsea, balloté au gré des changements tactiques.

Antoine Griezmann a semblé se perdre dans son football à mesure qu’il s’éloignait de son poste fétiche de meneur de jeu. Leader de la défense championne du monde et vice-capitaine, Varane a prolongé sa mauvaise forme madrilène sur les terrains de l’Euro. Très convaincant contre l’Allemagne, le quadruple vainqueur de C1 a rechuté, affichant une fébrilité sur tous les autres matches et ayant une responsabilité engagée sur les buts contre la Hongrie et la Suisse notamment. Vous l’aurez compris, le niveau moyen des cadres se rapprochait plus d’un 4 que d’un 8/10. Rédhibitoire pour toute équipe ayant l’ambition de remporter un titre international.

Un cadre tactique flou

Et pour ne rien arranger, les joueurs n’ont pas pu compter sur un Didier Deschamps inspiré au niveau du tableau noir. Alternant entre 4-4-2 losange, 4-3-3, 4-2-3-1 et 3-5-2, le double champion du monde a donné l’impression d’être coincé dans un labyrinthe tactique en même temps qu’il a contribué à rendre son équipe plus fébrile sur le terrain. Le huitième de finale est éloquent avec un retour au 4-3-3 seulement trente minutes après avoir démarré avec ce 3-5-2 voué à l’échec. Au-delà de la question du système c’est surtout l’animation qui a posé le plus de problèmes.

La France a affiché plusieurs problèmes importants comme l’utilisation du ballon précaire, un pressing quasi-inexistant ou encore un bloc-équipe bien plus perméable. Symbole de ces maux tactiques, le trio Benzema-Griezmann-Mbappé. Présenté comme une force de frappe inégalable sur la compétition, le trio malgré de la bonne volonté n’a jamais atteint sa vitesse de croisière lors des quatre matches ou par petites séquences, ce qui n’a pas servi les intérêts des Bleus.  Si en 2018 la France avançait dans la compétition russe avec conviction, ici elle avançait avec confusion. Et tous les risques que ça comporte.

2022, c'est déjà demain

Eliminée de l’Euro seulement 13 jours après son match inaugural contre l’Allemagne, la France n’aura pas beaucoup de temps de ressasser cette sortie de compétition. En effet, le calendrier à venir est copieux avec le Final Four de Ligue des Nations contre la Belgique en octobre mais aussi surtout avec les qualifications du Mondial qatari dès septembre où les Bleus seront attendus pour réaliser un potentiel doublé. Avec Didier Deschamps ? La tendance veut que le sélectionneur continue mais il aura la tâche de stimuler cette équipe et la rendre de nouveau très compétitive à l’horizon 2022. Cela devra-t-il passer par des choix forts au niveau de son onze de départ ? Probablement. Car si cet Euro loupé nous a délivré un enseignement, c’est que 2018 a vécu et que 2022 c’est déjà demain.