Coronavirus : les joueurs de Sion montent au créneau après leur licenciement

Coronavirus : les joueurs de Sion montent au créneau après leur licenciement

Virés sans préavis par leur président pour avoir refusé d'être mis au chômage technique, plusieurs joueurs de Sion sont sortis du silence dans la presse suisse ou sur les réseaux sociaux. Ils dénoncent un manque de communication et une forme de chantage de leur président Christian Constantin, qui a lui enfoncé le clou dans L'Equipe du jour, les accusant d'individualisme.

En pleine crise sanitaire du coronavirus, le FC Sion s'est tristement distingué cette semaine en virant 9 de ses joueurs. La raison ? Ils ont refusé d'être mis au chômage technique ou n'ont tout simplement pas eu le temps d'accepter. Certaines personnes ont pointé du doigt leur égoïsme, d'autres la manière dont leur président s'était servi de la situation pour les virer sans vergogne.

"Je trouve indécent que certains ne veuillent pas faire d'efforts"

Dans L'Equipe du jour, le président du FC Sion, Christian Constantin, a assumé sa décision : "Quand je vois les efforts des joueurs du Borussia Mönchengladbach, qui ont décidé de renoncer à une partie de leur salaire, les efforts des joueurs de grands clubs français comme Marseille, qui acceptent le chômage partiel.... Je trouve indécent que certains ne veuillent pas faire d'efforts, chez nous, alors que l'on doit faire face à une guerre sanitaire mondiale."

Le président de Sion a même ajouté qu'il aurait pu virer plus de joueurs : "Cela aurait pu être 12, 13, comme le nombre qui a refusé le chômage partiel. Mais, à partir de 10 par mois, c'est un licenciement collectif et je dois faire appel aux syndicats. J'ai donc choisi de virer les plus vieux, ceux qui me coûtaient le plus cher". Il a aussi justifié sa décision en expliquant qu'il n'avait fait qu'appliquer la loi suisse : "Elle dit que l'on peut procéder à une résiliation de contrat en raison de force majeure, quand l'activité du contrat ne peut être atteinte sans le fait d'aucune des deux parties."

"Il s'agit d'un licenciement abusif"

Ce que le président de l'Association suisse des joueurs de football (SAFP) réfute en bloc : "Il s’agit d’un licenciement abusif car les contrats à durée déterminée n’autorisent pas de chômage technique. Et le cas de force majeur ne fonctionne pas car il existe encore la possibilité que le championnat aille à son terme", a confié Lucien Valloni au quotidien Le Matin, ajoutant que les joueurs étaient prêts à faire des efforts, "mais on ne veut pas qu’ils s’assoient sur la totalité de leur salaire."

En parlant des joueurs licenciés, certains sont sortis du silence, comme l'attaquant ivoirien Seydou Doumbia sur Instagram : "Le mardi 17 Mars 2020 à 17 heures, nous joueurs, recevons un courrier nous demandant d'accepter de signer ou de refuser de signer sans discussion, une réduction drastique de notre rémunération sans aucune perspective d'aménagement, raconte-t-il. Nous nous réunissons (joueurs) en urgence à 19 heures. Tous les joueurs professionnels sans exception, décidons de ne pas accepter une telle démarche, ni dans la forme, ni dans le fond du problème."

"Il n'y a eu aucun dialogue, aucune mesure d'accompagnement"

"Le mercredi 18 Mars, suite à la décision de confinement, j'étais donc entrain de rejoindre rapidement en voiture ma famille lorsque le courrier nominatif précisant le choix à opérer sur ma rémunération, m'est parvenu par Whatsapp, poursuit-il. Suite à la réunion tenue la veille avec l'ensemble des joueurs, le bon sens m'a commandé de refuser une telle lettre par Whatsapp. Moins de 30 minutes après, je recevais toujours par le même canal une lettre de licenciement !" Et Doumbia de conclure : "Il n'y a eu, de la part de mes coéquipiers et moi, aucun manque de considération ou alors tout autre argument, qui a conduit à cette situation. Il n'y a eu aucun dialogue, aucune mesure d'accompagnement, rien de tout cela."

 
 
 
 
 
Voir cette publication sur Instagram
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Mes chers followers, Nous vivons tous une période très difficile avec l'épidémie à coronavirus COVID-19 qui est très préoccupante pour le monde entier. Je vous souhaite à tous une très bonne santé. Vous avez sans doute appris par le biais de certains journaux des difficultés rencontrées dans mon club employeur le FC SION, qui a procédé à un licenciement collectif de plusieurs joueurs de son effectif dont moi. Je tiens à préciser une chose très importante à mes yeux : je suis resté professionnel (et je le demeure toujours) jusqu'au dernier entrainement avec le club lorsque la décision de confinement a été prise. Le mardi 17 Mars 2020 à 17 heures, nous joueurs, recevons un courrier nous demandant d'accepter de signer ou de refuser de signer sans discussion, une réduction drastique de notre rémunération sans aucune perspective d'aménagement. Nous nous réunissons (joueurs) en urgence à 19 heures. Tous les joueurs professionnels sans exception, décidons de ne pas accepter une telle démarche, ni dans la forme, ni dans le fond du problème. Le mercredi 18 Mars, suite à la décision de confinement, j'étais donc entrain de rejoindre rapidement en voiture ma famille lorsque le courrier nominatif précisant le choix à opérer sur ma rémunération, m'est parvenu par Watsapp. Suite à la réunion tenue la veille avec l'ensemble des joueurs, le bon sens m'a commandé de refuser une telle lettre par Watshapp. Moins de 30 minutes après, je recevais toujours par le même canal une lettre de licenciement ! Je voudrais donc éclairer les supporteurs et sympathisants du FC SION qu'il n'y a eu , de la part de mes coéquipiers et moi ,aucun manque de considération ou alors tout autre argument, qui a conduit à cette situation. Il n'y a eu aucun dialogue, aucune mesure d'accompagnement, rien de tout cela. Chers followers, tels sont les faits que j'ai eu à vivre ces dernières 48 heures, en plus du confinement obligatoire et nécessaire à la survie de tous et de chacun. Recevez mes salutations les plus cordiales. Seydou Doumbia

Une publication partagée par D'S88 (@doumbia.seydou) le

"Nous sommes prêts à des sacrifices"

Dans les colonnes du quotidien suisse Blick, Xavier Kouassi a lui aussi pointé du doigt un manque de "communication". "Nous ne sommes pas des rebelles. Nous aimons tous le FC Sion. Nous aimons le Valais et les gens d'ici. Nous sommes prêts à aider et faire des efforts. Mais ce qu'il s'est passé, c'est du chantage !", a-t-il lâché.

Et Johan Djourou de conclure, toujours sur Blick : "Nous n’avons pas refusé parce que nous refusons de réduire nos salaires. Actuellement, le chômage partiel n’est pas possible pour les contrats à durée déterminée, soit notre cas. Nous ne voulons pas commettre d’erreurs juridiques. Nous sommes prêts à des sacrifices, notamment de consacrer une partie de nos salaires pour les employés du club. Trois mois sans salaire n’affecteront pas la majorité d’entre nous. Mais nous avons aussi des droits".