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Laurent Koscielny : "Je voulais que les Bleus se qualifient, mais en même temps qu'ils perdent"

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Publié le par Fabien Borne

EQUIPE DE FRANCE - Blessé depuis le 3 mai dernier et sa rupture du tendon d'Achille, Laurent Koscielny a accordé un long et touchant entretien au Canal Football Club. Il y évoque notamment sa blessure, sa frustration de ne pas avoir été de l'aventure en Russie, ainsi que sa retraite internationale et son avenir à Arsenal.

Sa blessure

"La blessure a été dure à encaisser. La suite a été encore plus dure puisqu'ils ont gagné la Coupe du monde. J'ai un côté égoïste aussi là-dessus, j'aurais pu faire partie de cette aventure et la gagner. Je sais que jusquà la fin de mes jours j'aurai ça en tête. Mais voilà, il faut continuer à vivre, c'est un moment difficile à digérer, mais il y a des choses encore plus belles dans la vie que de gagner une Coupe du monde."

La victoire des Bleus en Russie

"Non, je ne me sens pas du tout champion du monde. C'est difficile, personne ne pourra se mettre à ma place. De se blesser un mois avant la Coupe du monde et de voir l'équipe être championne du monde, il n'y a aucun joueur qui peut se mettre à ma place. J'étais super content pour eux, mais à la fois dégoûté. Tu ne peux pas te sentir champion du monde comme peuvent l'être les 60 millions de Français qui ont été autour de cette équipe de France. J'avais un sentiment étrange, je voulais qu'ils se qualifient, mais en même temps je voulais qu'ils perdent. C'est un côté égoïste. C'est comme ça, c'est la vie. Il y en a peut-être qui vont dire : "Comment ça il voulait qu'ils perdent ?" Mais c'était mon sentiment à ce moment-là. Avec du recul, je suis super content pour l'équipe, car beaucoup de gens les critiquaient. Ils ont su rester solidaires, se battre les uns pour les autres, jouer avec leurs qualités et au final ils sont allés au bout. J'ai participé au parcours de qualif', j'ai donné le maximum pour que l'équipe se qualifie. C'est un parcours que j'aurais aimé faire avec eux. J'y suis allé pour la finale car je pense qu'il fallait que j'y aille pour me sentir bien dans ma tête et dans ma peau. Cela m'a fait du bien et du mal en même temps, mais j'avais besoin de ça pour faire le deuil et tourner la page."

Sa rééducation

"C'est ma première grosse blessure. Ce qui est bien, c'est que déjà mentalement tu deviens très costaud, tu apprends beaucoup de choses, sur le foot et aussi sur la vie. J'ai été à Saint-Raphaël pendant pratiquement deux mois et demi et ce n'était pas des vacances. J'ai bossé énormément tous les jours, quitte à mettre entre guillemets ma famille de côté (il marque une pause et se met à pleurer). Donc voilà ce sont les choses de la vie. Tu dois faire face à ça. J'ai été certainement égoïste à un moment donné durant ma rééducation. J'ai pensé à moi alors que j'avais des gens autour de moi qui voulaient m'aider. Je n'ai pas fait attention à ça, je m'en suis rendu compte après quand je suis rentré sur Londres. Ce sont des trucs de la vie, tu en sors grandi."

Son avenir

"J'ai encore envie de jouer au foot, c'est ma passion, c'est ce qui me donne le sourire tous les jours. Ma famille a toujours été là, dans les bons comme dans les mauvais moments. Là c'était un mauvais moment, mais c'est ce qui m'a permis d'être dans ma bulle et de travailler dur pour revenir le plus vite possible."

Sa solitude durant sa blessure

"Tu apprends beaucoup, tu es déçu aussi beaucoup. Une blessure, ce n'est jamais facile. Quand tu es en pleine forme, tu as beaucoup d'amis qui sont là, mais à un moment donné on t'oublie. Je n'ai pas besoin qu'on parle de moi dans la presse, mais les personnes autour de moi, elles sont là normalement pour prendre des nouvelles et m'aider. Mais là tu les comptes sur les dix doigts de la main, peut-être un peu plus, mais pas beaucoup plus."

Didier Deschamps

"Je l'ai une fois pour mon anniversaire au mois de septembre, il m'a envoyé un sms. Comme je t'ai dit tout à l’heure, à propos des personnes que tu pensais proches de toi, il y en a beaucoup qui m’ont déçu. Il y a plein d'autres personnes, pas que le coach. Il y a même eu d'autres coaches. Tu prends un petit coup de bâton derrière la tête, mais c'est ce qui m'a permis aussi de me libérer et aujourd'hui tout va bien."

La Coupe du monde, une vraie douleur

"La victoire des Bleus à la Coupe du monde m'a certainement fait beaucoup plus de mal psychologiquement que ma blessure. La Coupe du monde, ça restera comme une étape noire de ma carrière et de ma vie."

La confirmation de sa retraite internationale

"Je pense avoir donné ce que je pouvais donner à l'équipe de France. J'ai 33 ans maintenant, voilà j'ai fait deux Euro, une Coupe du monde. Je pense que l'équipe de France a une très belle génération avec de grands joueurs. Les Bleus, c'est fini. Après je serai toujours un supporter de l'équipe de France, mais c'est sûr que je ne remettrai pas le maillot bleu."

Son avenir à Arsenal

"J'ai envie de continuer à Arsenal, j'ai envie de revenir vite, de retrouver ce maillot, le terrain. Je ne sais pas quel niveau je vais avoir car je n'ai pas encore repris les entraînements, mais j'ai envie de me battre."


Fondateur du site Daily Mercato en 2015 avec mon frère. Passionné de football depuis enfant et passé par plusieurs grands médias en ligne avant de lancer mon propre site dédié à l'actualité du foot et du mercato.

Photo de Fabien Borne