Nice-OM (3-0) : la conf de presse de Sampaoli en intégralité

Publié le 20/03 par Nicolas Faure Icon Sport

Après deux succès face à Rennes et Brest, l'OM de Jorge Sampaoli a sombré à Nice ce samedi (3-0). Retrouvez la conférence de presse d'après-match de l'entraîneur argentin en intégralité et traduite par nos soins.

Une défaite assez lourde. Après une première demi-heure plutôt intéressante, comment estimez-vous la grosse différence que l'on a pu voir entre Nice et l’OM ?

Sampaoli : "Je pense que la première mi-temps nous était plutôt favorable. On a eu plus de contrôle. On rentre au vestiaire avec un but de retard de manière injuste pour moi parce que l’équipe avait fait un meilleur match que l’adversaire. En deuxième période, on a commencé à abandonner le jeu collectif pour entrer dans une anarchie et un désespoir qui nous ont poussé à commettre des erreurs. Ils nous marquent ce deuxième but sur une erreur individuelle alors que l’on essayait de faire reculer Nice dans sa surface sans trop de directives. Et là, le match a basculé à notre défaveur. Je pense que depuis que l’on est là, la première mi-temps a été la meilleure de l’équipe en terme de jeu. On a tenté des passes intérieures pour pouvoir arriver sur les côtés, on a pu avoir de la supériorité sur les côtés à plusieurs niveaux du terrain mais malheureusement on n’a pas pu concrétiser certaines occasions que l’on a eu. Ensuite en deuxième période, on est redevenu cette équipe désespérée et ce type d’équipe termine normalement comme on a terminé nous aussi ce match".

Sur le deuxième but, qui est un tournant du match, il y a eu une grosse erreur de Balerdi. Comment l’avez-vous retrouvé dans le vestiaire et qu’est ce que vous aurez à lui dire pour le relancer dans les prochains jours ?

Sampaoli : "Leo est un joueur très jeune qui a fait un grand match mais qui a eu la malchance de commettre cette erreur sur l'action du deuxième but qui nous a frustré un peu plus. Normalement, les erreurs ponctuelles peuvent être corrigées, elles font partie du jeu. Le plus inquiétant pour nous est qu’en deuxième période on a arrêté d’être cette équipe qui a essayé d’avoir un style. C'est dans l'adversité que nous devons nous raccrocher le plus à l’idée de jeu et aujourd’hui on a abandonné cette idée pour tenter de trouver une action individuelle pour égaliser et ça, ça ne nous mène nulle part. Je ne vais pas me concentrer sur les erreurs des deux premiers buts mais plutôt sur les efforts de Balerdi par exemple qui, pour moi, a fait un très bon match. Le plus important reste le développement de l’équipe parce qu’un élément individuel peut être changé. Ce qu’il faut huiler c’est la manière, parce que sans ça, on ne sera content que dans les succès. Ce que l’on doit faire, c’est commencer à mettre en œuvre que cette équipe défende collectivement une idée de jeu qu’elle a montré en première période, mais qu'elle a malheureusement perdu en deuxième période".

Pouvez-vous nous parler de vos choix. Quelles étaient vos idées ce soir au coup d’envoi et en deuxième mi-temps ?

Sampaoli : "Pour le coup d’envoi, c’est un système que l’on avait déjà travaillé. L’absence de Kamara nous donnait la possibilité de mettre deux milieux axiaux qui nous permettaient de fixer dans l’axe pour que Payet et Thauvin puissent recevoir dans leurs dos. Ça a été fait en première période, surtout à droite où il y avait beaucoup de supériorité quand Thauvin recevait le ballon après la fixation de Milik sur le premier défenseur central. Le plan du match dépendait des zones dans lesquelles étaient nos joueurs libres pour générer des attaques sur plusieurs hauteurs du terrain. En deuxième période, l’entrée de Luis Henrique était pour faire monter Balerdi au milieu dans le même système, c’est un changement d’hommes seulement, pour que Balerdi puisse être presque comme seul milieu récupérateur pour que Pape (Gueye) soit plus sur la gauche à la construction. Mais en réalité, au-delà du fait que ce l’on a essayé n’a pas marché, j’insiste sur le fait que l’on a manqué de patience pour construire en deuxième période dû, je pense, au résultat qui nous a poussé à abandonner le jeu".

Est-ce que vous avez l’impression d’avoir encore une équipe un peu malade avec des joueurs frustrés, qui doutent et qui sont en manque de confiance par rapport à ce qui s’est passé cette saison avant votre arrivée ?

Sampaoli : "Je pense toujours que nous vivons dans une société basée sur le positivisme. Une société qui doit se passer comme chacun l’attend. Et si cela ne se passe pas comme prévu, c’est un échec. Donc toute cette atmosphère qui entoure chaque club quand les choses ne se passent pas bien cause un certain déséquilibre. Marseille est une ville et un club très important. Aujourd’hui, nous sommes ici et logiquement on doit faire le maximum pour que les gens soient heureux et qu’ils prennent du plaisir avec leur équipe. Mais au-delà de ça, il y a des situations qui ont à voir avec la conformation et l’approfondissement du début de saison, tout ce que l’on recherche pour trouver le chemin à suivre pendant la saison. Nous, en arrivant quasiment en fin de saison, on va essayer que tout le monde se regroupe autour d’une idée commune. Aujourd’hui, quand le match était équilibré, l’équipe a été supérieure, mais dès le premier désavantage l’équipe a abandonné l’idée de jeu. C’est là que doit intervenir l’entraîneur pour leur dire que c’est dans ces situations de match qui te perturbent, que cela soit grâce à un coup de génie d’un adversaire ou à une supériorité, que l’on doit attaquer. En deuxième mi-temps, on a quasiment joué le match parfait pour Nice. On a tout le temps fait des allers-retours sans contrôle et dans ce registre Nice est très fort. On doit progresser pour savoir qui nous sommes et dans quelle direction nous voulons aller".

On a vu un déséquilibre entre la droite et la gauche en première mi-temps. Cela fonctionnait bien avec Thauvin et Lirola mais pas du tout à gauche avec Ntcham, Nagatomo puis Sakai. Comment vous l’expliquer ?

Sampaoli : "Oui. Pour moi le football ce sont des associations. Avec la blessure de Nagatomo, qui faisait un très bon match et qui aurait même pu marquer un but, cela nous a obligé à mettre un latéral grand et qui n’a pas de pied gauche comme Sakai. On n’avait malheureusement personne de disponible de ce profil pour ce poste parce qu’Amavi et Rocchia sont blessés. Pour ne pas modifier la structure alors que l’équipe jouait bien et était bien en place dans la moitié de terrain adverse, j’ai essayé de faire une retouche sans modifier le système. Évidemment, le manque de profil offensif, au-delà de l'attitude de Sakai qui a été très bonne, lui a porté préjudice. C’est pourquoi on a essayé de modifier en deuxième mi-temps avec l’entrée de Luis Henrique, qui est un ailier, sur la ligne de cinq et de faire redescendre Sakai comme défenseur central droit pour tenter d’équilibrer les deux profils. Sans aucun doute et je le répète, on parle ici d’erreurs de projection, d’erreurs de l’entraîneur sur le poste d’un joueur ou encore d’erreurs sur une exécution. Mais je crois que l’erreur la plus grave et la raison pour laquelle l’équipe a perdu, c’est parce qu’elle n’a pas joué en deuxième mi-temps et j’en suis convaincu. C’est là que, comme entraîneur, je dois consolider ce que l’on a vu en première mi-temps et corriger ce que l’on a vu en deuxième ».

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